About this Site
Create your own website today!
Update your website
Vote for this Site
Visit My Chat Room
Popular Popups
Jukebox
Message Board
Classified Ads
Statistics
Refer This Site
To A Friend
Home

ACTUALITE
Le NDjamenois
Environnement
Education
FORUM
PETROLE
PANAFRICANISME
PANAFRICANISME2
LA FRANCAFRIQUE
FRANCAFRIQUE2
FRANCAFRIQUE3
FRANCAFRIQUE4
FRANCAFRIQUE5
FRANCAFRIQUE6
FRANCAFRIQUE7
FRANCAFRIQUE8
FRANCAFRIQUE9
DEBAT2
FORUM2
Presentation d'Appeljust
nos objectifs
Infos
RACISME
RACISME 1




LES OBSCURES RELATIONS FRANCO-AFRICAINES (suite)
CES MESSIEURS AFRIQUE - LES RESEAUX (SUITE)


  NEW! Poetry and Doll Maker with Galleries!     [Learn About Our Ecommerce]
Graphics Gallery!

CES MESSIEURS AFRIQUE - LES RESEAUX (suite)

Vient l'apogée, en fait la parousie, du Réseau dans les années 60. Comme dans la dramaturgie classique, il y a unicité du lieu, du temps, de l'action... et de l'acteur. C'est Jacques Foccart, aux manettes du pouvoir à l'Élysée, dans l'antichambre du général de Gaulle. Le journaliste ivoirien Bernard Yao a analysé son « système ». « Foccart avait voix prépondérante dans le choix du personnel français de décision à affecter en Afrique : ambassadeurs, chefs de mission de coopération, représentants des services secrets (SDECE), directeurs de sociétés intervenant au titre de la coopération », écrit-il11. « Une fois sur le terrain, ceux-ci, particulièrement les diplomates, étaient en contact permanent avec lui. Le secrétariat général pour les Affaires africaines était doté du chiffre et de la valise diplomatique lui permettant de communiquer directement avec les différentes ambassades de France sur le continent africain, sans passer par le ministère des Affaires étrangères. Ainsi, l'organisation du travail de la cellule élyséenne reposait en grande partie sur la réception quotidienne de messages, télégrammes, dépêches... Jacques Foccart et son équipe les sélectionnaient et, tous les soirs, lui seul voyait le général de Gaulle en tête à tête pour lui présenter les dossiers retenus. » Aussi pour lui souffler des noms. Car, jusqu'à la mort du maître au coeur de la toile, la cooptation d'hommes « sûrs », le soin apporté à leurs carrières, ont été les vecteurs de l'influence. Même à la fin, perclus au bout du fil, Jacques Foccart a encore poussé ses pions, intervenant auprès de Jacques Chirac pour des nominations jugées stratégiques. Et le Président lui en a refusé peu, le « Vieux » ayant été, à la fois, son grigri et le souvenir vivant de Charles de Gaulle. Souvent, à la surprise de son entourage, Jacques Chirac a bouleversé à la dernière minute des décisions arrêtées en réunion interministérielle. Ceux qui ont compris, comme le secrétaire général de l'Élysée, Dominique de Villepin , ce « dialogue avec l'invisible » que le Président poursuivait quotidiennement avec Foccart, ont appris à se tenir informés, en aval, dans l'entourage du « papy » de la France en Afrique. Édouard Balladur lui-même avait compris, un peu tard, qu'il valait mieux avoir un des protégés de Foccart à la Coopération afin de bénéficier de la redoutable efficacité des appuis africains pour les élections en France. Bernard Debré, l'urologue de la « Françafrique », avait ainsi été nommé après la démission forcée de Michel Roussin, emporté par les affaires de la mairie de Paris avant de bénéficier d'un non-lieu. Après Debré, c'est Jacques Godfrain que Foccart fait nommer ministre au moment où Jacques Chirac s'est installé à la présidence. Ex-membre du SAC (Service d'action civique), la très musclée « amicale » gaulliste de l'après-guerre d'Algérie, Jacques Godfrain, député-maire de Millau dans l'Aveyron, avait été l'un des anciens chargés de mission de « la Foque » au secrétariat général de l'Élysée dans les années 70. C'est dire qu'il était en osmose avec le « Vieux ». Mais il avait du mal à s'imposer à une administration fatiguée de travailler en double attelage : l'un pour la galerie officielle de la « bonne gouvernance » en Afrique, l'autre au service d'une diplomatie secrète sur le continent. Une réalité que le ministre avait reconnue dès sa première interview dans l'hebdomadaire Jeune Afrique. Sachant que, pour être pris au sérieux sur le continent, la cocarde de sa voiture ne suffirait pas, le frais promu ministre de la République affirmait alors : « Moi aussi, j'ai mon réseau en Afrique... » Et l'on vit arriver, au ministère, Philippe Lettéron, autre ancien collaborateur de Foccart, et, à la tête du Centre des hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes (CHEAM), Jean-François Dommenge, ainsi que Steve Gentili, proche de Jacques Godfrain, au Forum francophone des affaires (FFA). Par la suite, ce fut la cooptation à tous les échelons.

Le Réseau n'est pas mort tant que son poids reste décisif dans le jeu de go des nominations. Du vivant de Jacques Foccart, c'était le cas. Et les fossoyeurs de la « Françafrique » avaient tort de railler l'octogénaire-momie d'un temps qu'ils disaient définitivement révolu alors que, faisant et défaisant des carrières, Foccart ravaudait toujours la trame. Ainsi, début 1996, lorsque la succession au poste le plus stratégique de la Coopération était ouverte, celui du directeur du développement du ministère. Le sortant, Jean-Michel Séverino, partant pour la Banque mondiale, avait vu défiler six ministres en huit années de présence marquante. Son remplacement devait donner lieu à une sérieuse course de lévriers. Au départ, dans les boxes, n'étaient visibles qu'Alain Catta, alors consul général à Barcelone, poussé par le Quai d'Orsay et Matignon, Thierry Bert, inspecteur des Finances et l'homme de Bercy, ainsi qu'Alain Kirsch, fils de Martin Kirsch, l'ancien conseiller pour les Affaires africaines à l'Élysée, du temps de Valéry Giscard d'Estaing. A la sortie du dernier virage émergeait Thierry Bert, soutenu par le ban et l'arrière-ban de l'inspection des Finances, la chapelle de Séverino... Mais, soudain, est apparu dans les jumelles un outsider sérieusement dopé, qui a remonté très vite la piste avec un petit bagage officiel mais de gros appuis proches de Jacques Chirac : Serge Arnaud, un ancien conseiller technique de Jacques Toubon, qui s'ennuyait alors ferme au ministère de l'Environnement. Ingénieur des Ponts et Chaussées, longtemps chef de service - sans affectation précise - au ministère de la Défense, Serge Arnaud n'était pas vraiment un « développeur » du terrain, du moins civil. Mais il avait des « tontons » africains. Jacques Foccart et Fernand Wibaux avaient placé son dossier et, le samedi après-midi précédant la semaine de la nomination en Conseil des ministres, Jacques Toubon , reçu pour moult autres « affaires » par Jacques Chirac, obtenait ce dernier petit coup de pouce qui fait les grandes nominations. Stupeur au ministère, pourtant habitué à des sauts à cloche-pied dans les cases du village franco-africain. Puis, avant l'été 1996, l'arrivée comme nouveau directeur de cabinet de l'austère François-Xavier Donnadieu, magistrat à la Cour des comptes, saint-cyrien et ancien officier de la gendarmerie, a confirmé la préséance de la cooptation foccartienne. Parent de Jacques Foccart, président du cercle Aramis, qui rassemble des officiers de réserve, l'ancien chef de section « radar », puis « topographique » de l'artillerie avait au moins un avantage : pas besoin de correspondant de la DGSE ou de conseiller en sécurité au cabinet, « Monsieur le directeur » était lui-même branché. L'agonie du Réseau a été aussi lente que déshonorante. Mais il a fallu que Jacques Foccart mourût avant que l'omerta ne fût brisée, qui plus est dans le sanctuaire de la « Françafrique », au Gabon. Au pays d'Omar Bongo , un billet d'humeur, le « Makaya », orne en effet la une du quotidien national, L'Union. Deux mois après le décès de Foccart, le 13 mai 1997, ce bulletin météorologique des tempêtes à la présidence, rédigé par l'entourage et, souvent, inspiré par le maître de céans lui-même, n'était qu'une giclée de bile. « Dans les égouts de la politique franco-africaine, on trouve parfois des rats qui aiment grignoter les ordures en passant au fil du courant, sans discernement et sans scrupules », y lisait-on. « Le plus dangereux pour nous, c'est que ces muridés côtoient nos milieux dirigeants, voire présidentiels, comme ce R. Abougri ou - je ne sais plus ! - Robert Bougie (...). Leur fonds de commerce, c'est quoi ? Ils passent de chancelleries en palais, de l'Élysée à Abidjan, du palais Rénovation à Dakar, du mont Fébé au mont Ngaliéma, ouvrent leurs oreilles pointues, emmagasinent les secrets d'État comme des graines de mil, frottent leurs pattes antérieures de satisfaction et régurgitent les mêmes secrets à l'escale suivante, l'air chafouin. Évidemment, ça intéresse les dirigeants en mal de confidences : « Vous savez ce que pense Omar ? » ou « Vous connaissez la réaction d'Abdou ? »... ou encore « Devinez comment Mobutu s'en est sorti ? ø... De retour à Paris, ces rongeurs font des fiches extraconfidentielles pour leurs véritables patrons : Charles, Édouard, Alain... Mais ils en tirent aussi des profits substantiels12. » Le jour même de la parution de ce « Makaya », Me Robert Bourgi et la source présumée des indiscrétions qui avaient provoqué ce jet d'acide de la présidence (notamment la révélation dans Le Monde d'une missive présidentielle au sujet de l'affaire Elf avant même que celle-ci ne fût portée à la connaissance de son destinataire à l'Élysée, Dominique de Villepin) étaient dans le bureau d'Omar Bongo. Bon prince, annonçant urbi et orbi que des « personnalités gabonaises et étrangères » qui lui étaient proches avaient été calomniées par des « billets aussi inconvenants que non fondés », le chef de l'État jeta alors l'anathème sur le perroquet de L'Union. Le lendemain, et pendant une petite semaine, l'encadré rose bonbon réservé à la une était toujours là, mais vide comme un écran après la fin des programmes. Quoique toujours en vie, la bête avait laissé des plumes. Le 26 mars 1997, sept jours après la mort de Jacques Foccart, le tribunal de grande instance de Paris était appelé à décider d'une « assignation en référé d'heure en heure » introduite par Robert Rigaud, qui fut pendant un demi-siècle l'associé en affaires du défunt et son « légataire universel ». Celui-ci tentait ainsi d'empêcher la parution du second et dernier tome des mémoires sous forme d'entretiens de Foccart, couvrant la période depuis le départ du pouvoir, en 1969, du général de Gaulle. Pourquoi ? Ce n'était pas la promenade guidée à l'intérieur du néocolonialisme français qui gênait « les intégristes du gaullisme », dont parlait alors Philippe Gaillard , le journaliste-confesseur de Foccart, qui leur reprochait de n'admettre « aucun écart de la légende gaulliste ». La trahison de Chirac en 1974, lorsqu'il refusa de soutenir le candidat Chaban-Delmas, ou, plus tard, les coups bas entre Chirac et Giscard, quand ce dernier était à l'Élysée, étaient frappés du sceau du tabou pour les séides du Général. L'évocation du rôle joué, notamment lors de la campagne présidentielle de 1995, par deux organisations fondées en 1968 - le Mouvement initiative et liberté (MIL) et l'Union nationale interuniversitaire (UNI) - relevait à leurs yeux de la cuisine interne, interdite au public. Il est vrai que le MIL et l'UNI étaient devenus, après la dissolution du Service d'action civique (SAC), le réceptacle des gros bras du gaullisme, voire d'adeptes de l'extrême droite. Or, c'est précisément ce demi-monde politique qui, avec l'Afrique noire, a été le jardin secret de Jacques Foccart. Encore d'outre-tombe, celui-ci agite les réseaux, inspire des coups tordus, fait danser les masques africains. Selon Philippe Gaillard, c'est l'universitaire Gérard Daury, membre influent du MIL et de l'UNI, qui a poussé Robert Rigaud à tenter une procédure contre la publication du second tome des mémoires. Déjà, l'été 1996, Gérard Daury, un homme aux fréquentations s'étendant de l'ancien membre du Front national, Yves Laisné, jusqu'au fondateur socialiste du Manifeste contre le FN, le député parisien Jean-Christophe Cambadélis , avait voulu censurer l'ouvrage. A cette fin, il avait adressé une « note » à Jacques Chirac, si alarmante qu'un report de publication avait été convenu entre le Président et Jacques Foccart lors d'un déjeuner à Cavalaire, la résidence estivale du conseiller pour les Affaires africaines13. Celui-ci, après avoir vainement tenté d'obtenir des coupes si larges que le journaliste Philippe Gaillard jugeait inacceptable « cette censure proposée », invoquait alors auprès de l'éditeur son « devoir de réserve » dû à ses fonctions officielles. Estimant qu'il n'était « de l'intérêt de personne - ni de l'auteur, ni de l'éditeur, ni du public - de voir paraître un volume qui ne correspondrait ni à l'esprit ni à la lettre dans lesquels il a été conçu et réalisé », la maison Fayard avait consenti, « à titre aimable », de surseoir à la publication d'un ouvrage désossé, caviardé des meilleures confidences et qui eût mérité pour titre Foccart parle pour ne rien dire... Du 2 octobre 1996, on passait alors au 5 février 1997, date prévue pour la sortie. Or, in fine , les mémoires controversées de Foccart ne sont parues qu'à titre posthume. Le 28 mars 1997, le tribunal de Paris a débouté le plaignant qui, excipant de l'absence d'un « bon à tirer » signé par Jacques Foccart, visait à proscrire du domaine public les souvenirs du Monsieur Afrique du gaullisme. Cette décision n'en a pas moins été une prosopopée ambiguë. Elle a non seulement révélé l'existence d'entourages rivaux autour de Foccart mais, aussi, des « fonctions officielles » ressemblant plutôt à une charge viagère et des liaisons étonnantes entre le père du néocolonialisme français, l'inventeur de « l'indépendance du drapeau » en Afrique francophone, et l'ex-porte-flambeau d'une souveraineté pleine de cette même « jeune Afrique ». Enfin, comme souvent à l'ombre de Jacques Foccart, des affaires pécunaires se mêlent aux affaires.

Quand les « fonctions officielles à l'Élysée », invoquées par Jacques Foccart pour justifier le sursis à publication de ses mémoires, ont-elles cessé ? Pour Claude Durand, le P.-D.G. de Fayard, le conseiller aulique de Jacques Chirac pour l'Afrique aurait cessé ses fonctions, et donc levé l'hypothèque pour la parution de ses souvenirs, « au mois de décembre » 1996. Philippe Gaillard situe ce retour à la vie privée de Foccart « au début de janvier 1997 ». Par téléphone, Jacques Foccart aurait alors annoncé à l'épouse du journaliste « une bonne surprise » et, le 15 janvier, toujours au téléphone, il aurait précisé à son coauteur : « Je ne peux plus, raisonnablement, prétendre être encore aux affaires. Nous allons donc publier le tome II. » Devant le tribunal de grande instance de Paris, les avocats de Fayard ont soutenu qu'« en mars 1997, malade, Jacques Foccart venait effectivement de se retirer des affaires avant de mourir le 19 mars ». Or, le 5 mars 1997, deux semaines avant sa mort, le conseiller de Jacques Chirac a adressé une lettre au P.-D.G. de Fayard, sur papier à en-tête « Présidence de la République ».

Jacques Foccart a exercé ses « fonctions officielles », aussi réelles qu'occultes, jusqu'au dernier soupir. Jusqu'à sa mort, il a disposé d'une voiture officielle de la présidence et d'un standard téléphonique relié à l'Élysée pour communiquer, aux frais de la République, avec les chefs d'État africains et ses « correspondants ». Mais à l'instar des présidents à vie dans l'Afrique de sa gloire, il n'a pas été seulement conseiller d'une République dispensant ses fonctions comme des charges viagères. Jusqu'à la veille de sa mort, il a, aussi, voulu apporter des « modifications » au texte remis, le 17 juillet 1996 à l'éditeur. Un ami intime, reçu le 14 mars 1997 à 11 heures dans l'appartement de la rue de Prony, a ainsi entendu Foccart souhaiter revoir le manuscrit. « C'était devenu une espèce de manie », nous a confirmé, le 3 avril 1997, Philippe Gaillard. « Il était sous l'influence de ses amis.

» Sous influence, Jacques Foccart, à la fin de sa vie plus que jamais obsédé par le « cloisonnement » de ses fréquentations, n'a pas voulu arbitrer entre ses vieux amis du SAC et ses nouveaux confidents de l'hebdomadaire Jeune Afrique. Pourtant, dans une lettre datée du 15 juin 1994 et adressée à Béchir Ben Yahmed, le P.-D.G. du groupe Jeune Afrique, il avait chargé ce dernier - « vous, qui êtes mon éditeur » - de « préserver mes intérêts moraux et matériels ». Se référant également aux notes quotidiennes qu'il avait dictées du temps qu'il était secrétaire général de l'Élysée, Jacques Foccart avait ajouté : « Je saisis l'occasion de vous dire que, s'il reste entendu que la publication de l'un et l'autre ouvrages est soumise à mon accord au vu du manuscrit complet et corrigé, dans le cas où je serais empêché, je délègue le pouvoir de donner cet accord : pour le livre d'entretiens, conjointement à vous-même et à M. Gaillard, ou à l'un d'entre vous si l'autre était empêché ; pour les éphémérides, à vous-même et, à défaut, à M.

Gaillard ; étant entendu que je vous fais confiance à l'un et à l'autre pour respecter scrupuleusement l'esprit dans lequel je me suis prêté à la publication de ces ouvrages. » Un an avant la querelle estivale avec les « intégristes du gaullisme », Béchir Ben Yahmed avait donc déjà été désigné comme légataire moral et matériel des oeuvres de Jacques Foccart. Si ce rôle a permis que soit débouté en justice le « légataire universel » Robert Rigaud, il n'en est pas moins politiquement et moralement délicat à assumer pour le patron de l'hebdomadaire panafricain, porte-étendard du continent depuis l'aube des indépendances. Car il fait de Béchir Ben Yahmed le gardien et, en fait, l'agent de commercialisation des mémoires de l'homme ayant, outre des opérations telles que le débarquement des mercenaires au Bénin en 1977, perpétué la présence néocoloniale de la France dans ses ex-colonies et ainsi permis à l'ancienne métropole de « partir pour mieux rester ».

Le 1er juillet 1994, au terme d'un contrat d'édition entre la SIFIJA (Jeune Afrique) et la maison Fayard, qui le désigne comme « l'Auteur » pour avoir apporté l'affaire, Béchir Ben Yahmed a perçu une avance de 1,3 million de francs, dont il a reversé, au total, quatre cent mille francs à parts égales à Jacques Foccart et à Philippe Gaillard. Le contrat stipulait que « toutes sommes dues à l'Auteur seront versées sous forme de chèques libellés à Jeune Afrique . Il est entendu que, conformément aux mandats que vous avez reçus de MM. Foccart et Gaillard, et aux accords conclus directement entre vous, vous ferez votre affaire de la répartition et du versement de toutes sommes dues à l'Auteur en application du présent contrat, et que vous nous garantissez contre toute revendication à cet égard ». On ne manquera donc pas de relever, outre l'absence de lien contractuel direct entre Fayard et les vrais auteurs, Jacques Foccart et Philippe Gaillard, que l'avance perçue sur les dix-neuf pour cent de droits d'auteur sur la vente des mémoires n'a pas été équitablement répartie. Tout comme on relèvera, au printemps 1997, les éditoriaux du légataire des oeuvres de Jacques Foccart saluant le retour au pouvoir de la gauche - « le nouveau visage que s'est donné la France fait revenir l'espoir »... comme un « changement positif » pour en finir avec « l'ère postcoloniale à laquelle les « postgaullistes » ne parvenaient pas à mettre un terme ». Quant à la prise de pouvoir de Laurent-Désiré Kabila dans l'ex-Zaïre, elle est exaltée comme « le changement le plus vertigineux intervenu en Afrique » depuis l'indépendance de l'Algérie et la conquête du pouvoir en Afrique du Sud par la majorité noire. Au sujet de ce dernier des « changements » que Jacques Foccart et les siens avaient combattu jusqu'au bout, Béchir Ben Yahmed écrit : « Il est foncièrement positif et il est l'oeuvre d'Africains de la nouvelle génération. » Réseau, roseau. Cette fois-ci, irrévocablement, c'est la fin.

appeljust@yahoo.fr


Sign Guestbook

View Guestbook

Domain Lookup
         www..
Get www.yourdomainofchoice.com for your site with services!




.

 
Any WordAll WordsExact Phrase
This SiteAll Sites
Visitors: 04700
Page Updated Sat Jun 10, 2000 5:45am EDT