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| RAPPORT SUR LE MASSACRE DANS LE OUADDAÏ (1994) |
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| Khadidja Omar Hamid du village de gueri est une des milliers de rescapés vivant au Soudan.LE NOMBRE DE PERSONNES TUEES DANS 1O ANS ATTEINT 25000 DONT MOINS DE 11000 DANS LE OUADDAÏ. |
RAPPEL: LE FNT EST DEVENU FNT/R LE 3 AVRIL 1996
**TEMOIGNAGE DE LA VIEILLE Hadjé Khadidjé (RESCAPEE) recueilli au Soudan par Alwihda
J'étais à la recherche de l'eau, c'est à dire à une distance du village quand les militaires ont fait irruption et soudain j'entendais des coups de rafales suivis des hurlements de personnes, des aboiements de chiens, de cris d'animaux etc. quelques instants après, des cases ont pris feu et c'est l'enfer. C'est horrible! Ils ont brûlé nos cases. Les militaires ont tout rasé et tous nos biens ont été emportés même les boeufs. J'ai perdu mes deux enfants, ma mère, mon père mes deux frères et une soeur âgée. Toutes mes nuits sont hantées par l'horreur du massacre de ma famille. Il ne me reste rien comme famille. Depuis, je suis en train de perdre le courage de vivre au Tchad et il m'arrive de me demander si nous méritons vraiment ce traitement qui nous est infligé? Qu'est-ce qu'on va rentrer faire même s'il ya la paix. Qu'il nous donne nos biens.
**UN AUTRE TEMOIGNAGE (SOUDAN) recueilli par Alwihda
Ils ont tué mon père et mes deux jeunes frères et ont emporté mon mari dont je suis sans nouvelle.Je suis allé en personne pour voir le sultan du Ouaddai pour m'aider à trouver mon mari, mais en vain, il n'a même pas voulu me reçevoir. Dans tout ce massacre, un cauchemar ne me quitte jamais, celui d'un bébé arraché des bras de sa mère pour le tuer et le jeter dans un fossé comme un chien. Ils ont, devant nos yeux ,abattu sa mamam qui n'a pas cessé de supplier les militaires pour lui permettre de l'enterrer. Ils ont incendié quelques corps y compris celui du bébé.
*************************INTRODUCTION******************
Situé à l'Est du Tchad, Abéché chef lieu de la Préfecture du Ouaddaï est la quatrième ville du Tchad. Elle compte 56.000 habitants, et se trouve à environ 850 km de N'Djamena. C'est une ville peuplée pour la plupart des Musulmans. On y rencontre également des Chrétiens. La préfecture du Ouaddaï fait frontière commune avec la République du Soudan à l'Est, les Préfectures de Batha et du Guera à l'Ouest, la Préfecture de Biltine au Nord et celle de Salamat et la République Centrafricaine au Sud.
Le Ouaddaï est l'une des régions du Tchad les mieux structurées. Les chefferies traditionnelles occupent une place prépondérante dans la société. On y trouve également des organisations traditionnelles de développement dont les plus importantes sont le Warnang-ia qui regroupe en son sein des hommes et les chouchas pour les femmes.
Les différents événements qu'a connus le Tchad depuis 1979 ont fait Abéché une ville incontournable car elle était devenue le passage obligé de presque tous les groupes politico-militaires en quête du pouvoir et qui opéraient aux confins de la Libye et du Soudan.
Plus récemment encore, on se rappelle des tristes événements qui ont secoué et endeuillé la région du Ouaddaï et ont eu de ramifications jusqu'à N'Djamena .
Le 04 Août 1993, un groupe d'hommes armés de fusils d'assaut ont tiré sur des paisibles citoyens dans un marché hebdomadaire à GNIGUILIM, le bilan a été lourd : plus de 80 Personnes tuées (femmes et enfants confondus) ainsi que de nombreux blessés. Les coupables sont connus mais jouissent d'une impunité totale.
Le 08 Août 1993, les ressortissants du Ouaddaï résidant à N'Djamena se sont rassemblés pour une prière en mémoire des victimes de GNIGUILIM, Ils ont été dispersés par les forces de l'ordre qui ont fait usage de leurs armes: le bilan a été encore lourd. C'était l'oeuvre des éléments de la Garde Républicaine.
Le 23 Janvier 1994, Abéché à son tour a vécu un événement inhabituel qui a secoué la ville et presque toute la région du Ouaddaï. Les éléments du Front National du Tchad (F.N.T) du Docteur AL HARISS, rentrés du Soudan à la faveur d'un Protocole d'Accord négocié et signé
à EL-Genené au Soudan en juin 1992 entre eux et le Gouvernement Central du Président Déby ont attaqué le Camp militaire de la ville, se sont emparés des armes et des munitions. Des affrontements ont eu lieu dans la ville et ses environs, la suite des événements a été tragique. On a compté des nombreux morts et des blessés. Des personnes ont été arrêtées et portées disparues, des exécutions sommaires et des viols ont été signalés.
C'est dans ce contexte que, dans le soucis d'éclairer l'opinion nationale et internationale, une Mission conjointe de cinq Associations de Défense des droits de l'Homme, de Juristes et de la Non Violence a été dépêchée sur les lieux.
A . MANDAT ET OBJECTIFS DE LA MISSION.
La Mission conjointe des Associations de défense des droits de l'Homme, de juristes et de la Non Violence s'est rendue à Abéché du 21 Février au 02 Mars 1994.
Elle était composée de:
-Association des Femmes Juristes du Tchad. (A.F.J.T)
-Association Tchadienne des Juristes.(A.T.J)
-Association Tchadienne Pour la Promotion et la Défense des Droits de l'Homme. (A.T.P.D.H)
-Ligue Tchadienne des Droits de l'Homme. (L.T.D.H)
-Tchad Non Violence. (T.N.V)
La Mission avait pour mandat:
D'enquêter sur le caractère systématique et massif des violation des droits de l'Homme perpétrées par les forces de l'ordre et les éléments du Front National du Tchad sur la population civile d'Abéché et de ses environs à la suite des événements du 23 Janvier 1994.
D'établir et de situer les responsabilités des uns et des autres dans ces événements.
B. LIEUX D'INVESTIGATION ET PERSONNES ENTENDUES.
La Mission d'enquête a entendu de nombreux témoins oculaires: civils et militaires, villageois et citadins, hommes et femmes, victimes et parents de victimes.
La Mission a également rencontré les éléments du F.N.T fait prisonniers et gardés à la maison d'arrêt d'Abéché.
En outre, elle a rencontré de nombreux représentants officiels du Gouvernement Central dans la localité, les membres du groupe local de défense des droits de l'Homme, les chefs traditionnels.
Les deux fosses communes où ont été ensevelis les corps ramassées par la croix-rouge les deux premiers jours ont été également visitées.
Plusieurs villages des trois Cantons les plus touchés, Bourtail, Mandjobok et Ouaddi-Hamra ont été également visités par la Mission.
*Voici du reste la liste des personnalités et Association rencontrées
au cours de notre séjour.
Pour le Pouvoir Central:
- le Préfet du Ouaddaï (Youssouf Togoïmi)
- le sous-préfet Rural d'Abéché
Pour les Collectivités locales:
- le Secrétaire Général de la Mairie d'Abéché, assurant l'intérim du Maire absent.
Pour les Forces de Sécurité:
- le Commandant de la Circonscription de Gendarmerie n°2 (Ouaddaï- Biltine), assisté de son adjoint le Commandant en second de la Région Militaire n° 2 (Ouaddaï- Biltine) qui assurait l'intérim du titulaire a refusé de nous recevoir après avoir pourtant promis de le faire. " Droit de l'Homme ana chounou", nous a-t-il crié au téléphone en arabe tchadien; ce qui signifie: "Quels Droits de l'Homme"
Pour la Justice:
- le Président du Tribunal d'Abéché.
Pour la Santé et secours Social:
- le Délégué Sanitaire de la Préfecture du Ouaddaï
- le Médecin-Chef de Central d'Abéché
- le Délégué de la Croix-Rouge du Ouaddaï
Pour les Chefferies traditionnelles:
- le Sultan du Dar Ouaddaï
- les Chefs des Cantons
- les Chefs des villages
- les Chefs des Quartiers de la ville d'Abéché
Pour les Associations de Défense des Droits de l'Homme:
- le Bureau de la Cellule de la Ligue Tchadienne des Droits de l'Homme du Ouaddaï.
C. REMERCIEMENTS
Nous remercions très sincèrement tous ceux qui ont contribué à la réussite de notre mission. Nous Pensons particulièrement:
A la Mission de Coopération Française qui a financé cette mission. A tous ceux qui oeuvrent pour la Promotion des droits de l'Homme et qui se sont illustrés par leur soutien durant tout notre séjour.
Nos remerciements vont également à l'endroit des autorités administratives et certains responsables militaire du Ouaddaï pour leur bonne collaboration.
Nous avons surtout bénéficié du concours très remarqué et précieux de la cellule de la Ligue Tchadienne des Droits de l'Homme du Ouaddaï qui nous a fortement appuyés durant tout notre séjour. Nous sommes convaincus que sans elle notre mission n'aurait pas connu autant de succès. Nous les prions tous de trouver ici l'expression de toute notre sincère reconnaissance.
II. RAPPEL DES FAITS
Selon plusieurs sources concordantes à Abéché, c'était le Dimanche 23 Janvier 1994 à 04 h 45 mn que les éléments du Front National du Tchad (F.N.T) ont attaqué la garnison militaire de la ville.
Après quelques vingt minutes de combat, la ville est passée sous le contrôle des éléments du F.N.T, les Forces Gouvernementales ont été surprises par l'attaque. C'est seulement aux environs de 07 heures que les forces gouvernementales se sont réorganisées à la Gendarmerie
pour lancer une contre attaque qui leur a permis de reprendre le contrôle de la ville. Selon certaines sources, c'est hors de la ville que les militaires se seraient réorganisés.
Lorsque les éléments du Front National du Tchad contrôlaient la situation, ils ont réussi à défoncer les portes de certains magasins et se sont emparé de plusieurs armes de tout calibre et d'importantes caisses de munitions. Les magasins comportant des armes lourdes ont été
incendiés. Ils ont également emporté dans leur fuite quelques véhicules Toyota de Forces Gouvernementales récupérés sur les lieux.
Les forces gouvernementales, après avoir réussi à reprendre le contrôle d'Abéché, ont procédé à une opération de fouille d'armes et de quelques éléments du Front National du Tchad qui se seraient réfugiés dans la ville. Tous les quartiers et toutes les maisons ont été passées
aux peignes fins, mais cette opération s'est très vite transformée en une véritable chasse à l'Homme. La population civile était accusée de complicité avec les éléments du Front National du Tchad.
Selon les informations que nous avons eues sur place, les éléments du Front National du Tchad dans leur quasi totalité étaient habillés de Djallabié (boubou musulman très apprécié par les habitants d'Abéché) avec un brassard bleu aux bras, seul signe qui les distinguait de la population civile.
Mais qui sont ces éléments du Front National du Tchad et pourquoi ont- ils attaqué la Garnison militaire d'Abéché?
lll. LES CAUSES DES EVENEMENTS DU 23 JANVIER 1994
Plusieurs sources nous ont donné également plusieurs causes:
A. La violation Par le Gouvernement du Protocole d'accord signé avec le Front National du Tchad.
Selon de sources concordantes à Abéché, la violation par le Gouvernement du protocole d'Accord signé avec le Front National du Tchad semble être la principale cause des événements du 23 Janvier 1994.
De prima facit, il faut noter que le Front National du Tchad est une Organisation Politico-militaire opposée au régime du président IDRISS Déby. Il opérait dans la région du Ouaddaï sous la Direction de son Chef, le Docteur AL-HARISS. Sa base se trouvait dans le Darfour en territoire
Soudanais, faisant frontière commune avec la Préfecture Tchadienne du Ouaddaï.
COMMENT LE FRONT NATIONAL DU TCHAD EST-IL VENU AU TCHAD?
Dans le cadre de la politique de réconciliation nationale, le Gouvernement du Président Déby a négocié et signé un Protocole d'Accord avec le Front National du Tchad en Juin 1992 à El Djeneiné au Soudan. Ce Protocole d'Accord Prévoyait dans certaines de ses disposition: l'intégration des éléments du F.N.T dans l'Armée Nationale Tchadienne leur prise totale en charge par le Gouvernement la reconnaissance du F.N.T comme un Parti Politique
Après la signature de ce Protocole d'Accord les éléments du F.N.T ont été rassemblés et désarmés depuis le Soudan avant d'être conduits au Tchad au courant du mois de Juin 1992.
Ces éléments, à leur arrivée n'étaient muni chacun que d'un gourdin appelé "SOFOROK" en arabe, d'où leur appellation "ab-safarok" par les habitants de la région, c'est-à-dire "les hommes en gourdins" appellation qu'ils ont vite contestée. Ils étaient dans un premier temps casernés au Camp de la Région Militaire n°2 (RM2) mais compte tenu de la difficile cohabitation avec les militaires et dans le soucis de préserver la paix, les autorités de la place ont été obligées de les transférer à l'huilerie d'Abéché. Or là encore, les habitants du quartier "Ahmat-albadaoui ont été quotidiennement
molestés. Inquiétées par le comportement de ces éléments, les autorités locales ont saisi N'Djaména afin de trouver une solution immédiate. C'est ainsi que N'Djaména a envoyé une délégation militaire à Abéché. Cette délégation a procédé dans un premier temps au versement des forfaits qui s'élevaient à:
- 30.000 F cfa pour les Officiers
- 20.000 F cfa pour les sous-Officiers
- 15.000 F cfa pour les soldats
Elle a ensuite procédé au tri des 534 éléments, tous anciens militaires pour leur envoi au Centre d'Instruction de Moussoro. Pour le reste, la délégation n'a pas manqué de recenser leurs besoins qui s'élevaient à environ 11.000.000 F cfa. Elle a fait connaître également l'intention du Gouvernement de les réinsérer dans la vie active, mais les principaux chefs du F.N.T ne l'entendaient pas de la même oreille. Pour eux, tous leurs éléments étaient des militaires et devaient être considérés comme
tel et reversés dans l'armée. C'est en ce moment que les Problèmes ont commencé: ils s'étaient retrouvés abandonnés à eux-mêmes, ils n'avaient plus de quoi se nourrir ni des tenues pour porter.
*Constatant que les conditions de vie de ces éléments étaient devenues criardes, des personnes de bonne volonté se sont manifestées. C'était d'abord la Croix-Rouge qui leur est venue en aide,
ensuite c'était le tour de la population civile de lettre sur pied, avec l'accord des autorités sur place, un comité de collecte d'argent et de mil pour parer au plus pressé.
*Les éléments du F.N.T exacerbés par cette situation qui ne finissait par ont commencé par crier à la trahison et par manifester leur mécontentement. D'abord à l'endroit de leurs propres chefs qu'ils
accusaient de complicité pour leur mutisme, ensuite à l'endroit des autorités de la place aux quelles ils ont écrit plusieurs fois.
La cellule de la Ligue Tchadienne des Droits de l'Homme du Ouaddaï a été également saisie par une note écrite.
La première réaction a été celle du 6 Septembre 1993 opposant les éléments du F.N.T aux forces gouvernementales autour d'un puits. C'était un problème de ravitaillement en eau. De simples altercations on est arrivé aux tirs. Bilan: trois (3) morts sur place. Il a fallu l'intervention
des autorités de la place pour calmer les esprits. Au sein même du Front National du Tchad, les choses n'étaient pas aux beaux fixes entre les deux principaux chefs, le colonel DAOUD et Fathi. Le premier accusait le second de fomenter un coup contre sa personne. C'est ainsi qu'avec la complicité de DAOUD, 20 éléments du F.N.T ont été arrêtés et transférés à N'Djaména pendant que FATHI
prenait la fuite. Les 20 éléments, après leur transfert sur N'Djaména , ont été libérés, sans doute pour éviter le soulèvement de leurs camarades. Dès leur retour à Abéché, on a commencé à observer des désertions dans les rangs des éléments du F.N.T basés à l' huilerie. Selon certaines sources, ce sont ces déserteurs qui seraient à la base de l'attaque du 23 Janvier 1994 pour ainsi manifester leur colère contre le pouvoir Central qui aurait délibérément ignoré le Protocole d'Accord qu'il a signé avec
eux.
. Le Warnang-ia:
Pour le milieu officiel et quelques chefs militaires de la région, l'Association Warnang-ia est impliquée dans les préparatifs de l'attaque de la garnison. Cette Association à caractère socioculturel, légalisée le 14 Décembre 1992 et qui vient d'être dissoute par Décision n° 002/MIS/DG/DI/SA/94 du 17 Janvier 1994 du Ministre de l'intérieur et de la Sécurité serait à l'origine de certaines situations d'insécurité dans la région. Elle est accusée d'avoir collecté de l'argent dont le montant s'élevait à 750.000 F cfa destiné au F.N.T pour l'achat des armes et des munitions ainsi que pour l'achat de nourriture. Une accusation qui ne fait pas l'unanimité dans la région.
IV. CONSEQUENCES ET BILAN CHUFFRE DES EVENEMENTS DU 23 JANVIER 1994
A. ABECHE-CENTRE
Des exécutions sommaires, des sévices corporels inhumains et dégradants, des cas de viol, des pillages de la population civile, il y'en a eu à Abéché. Des témoins nous l'ont raconté; nous avons vérifié certains faits au cours des entretiens que nous avons eus avec quelques victimes ou leurs parents. Quelques uns nous ont décrit comment les choses se sont déroulées dans la journée du 23 Janvier 1994.
****ABBO ANNOUR; chef du quartier Kabartou (Abeché):
Apres la fuite des éléments du F.N.T les militaires et les gendarmes se sont mis à fouiller les maisons. Ils sont arrivés et ont pénétré chez moi; ils étaient nombreux. L'un d'eux m'a demandé si je n'avais pas hébergé les élément du F.N.T, pendant que les autres fouillaient à l'intérieur de ma maison. En désignant mes deux fils qui étaient à côté; ils m'ont demandé qui étaient-ils; c'est certainement ceux que nous cherchons; tu les as cachés . Je leur ai répondu que les deux jeunes garçons étaient mes fils. Pendant qu'on discutait encore; l'un d'eux chargea son arme et la vida sur mes deux enfants qui furent tués sur le coup; c'était plus fort que moi.
Après vérification des pièces d'identité des deux personnes tuées; nous avons trouvé que l'une d'elles; Mahamat Saleh Adoum; était élève en classe de 1ère.s au Lycée Franco-Arabe d'Abéché.
**"Moi- même je l'ai échappé belle; ils ont vidé deux chargeurs de Kalachinikov sur moi sans causer la moindre égratignure. C'est alors que l'un d'eux m'a asséné un violent coup de crosse de son arme dans mon dos. Il nous a montré les traces qui étaient encore visibles.
**MAHAMAT BAHAR GUICHEMI, 28 ans:
Ils sont arrivés pendant que j'étais dans ma maison; ils m'ont fait sortir et m'ont dit que j'étais également un des éléments du F.N.T cachés dans les maison. Ils m'ont jeté par terre et l'un d'eux a tenté de me trancher la gorge avec la baïonnette de son arme. Dieu merci; je m'en suis sorti
seulement avec des blessures. Miracle! Il portait encore les pansements de ses blessures et tournait difficilement la tête.
**AYCHA SALEH, une femme âgée de 50 ans, la Mission lui a rendu visite. Elle était couchée dans son lit; nous n'avons pas pu l'interroger parce qu'elle n'arrivait pas à parler. les témoins nous ont
raconté "Regardez cette pauvre femme ils l'ont molestée pour rien" une fille était assise à son chevet "C'est ma mère" nous a-t-elle dit. A la question de savoir si sa mère a eu des soins; elle a répondu "non! et nous avons peur de l'amener à l'hôpital".
suite=>www.maxpages.com/tchad/massacre
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