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**Alwihda/AFP - 11/6 - Les femmes prennent la relève
La police tchadienne a dispersé ce matin(11/6/2001), sans faire de blessé, un sit-in de femmes qui voulaient remettre à l'ambassade de France à N'Djamena une pétition concernant le déroulement du scrutin présidentiel du 20 mai, a-t-on appris de source diplomatique. Une quarantaine de femmes avaient pris position sur le trottoir face à l'ambassade et demandaient à être reçues pour remettre un texte de "protestation" contre cette élection, lorsque la police est intervenue et a dispersé les manifestantes en lançant trois grenades lacrymogènes. Les femmes, qui brandissaient des pancartes demandant notamment l'arrêt de l'appui de la France à la "République bananière du Tchad", se sont aussitôt enfuies. Personne n'a été blessé au cours de cette manuvre de dispersion, a-t-on précisé de même source. Des centaines de femmes avaient déjà manifesté pacifiquement, les mains sur la tête, le 31 mai dans les rues de N'Djamena, pour protester contre l'élection, au premier tour du scrutin du 20 mai, du président sortant Idriss Deby avec 67,35% des voix.
**Alwihda/AFP 9/6:- Des étudiants au Mali dénoncent les "fraudes" à la présidentielle
Des étudiants tchadiens au Mali ont protesté vendredi à Bamako contre les résultats de l'élection présidentielle du 20 mai au Tchad, affirmant qu'elle avait été entachée de fraude et dénonçant la "complicité" de la France. Quelques dizaines d'étudiants, protestant contre des "fraudes massives" à l'élection, s'étaient rassemblés vendredi matin à la cathédrale de Bamako et prévoyaient de marcher jusqu'à l'ambassade de France, a constaté le correspondant de l'AFP. Mais un agent étant venu leur dire que leur manifestation était interdite, les étudiants se sont rendus par petits groupes à l'ambassade de France, pour y remettre un mémorandum "dénonçant la complicité de la France dans la dernière farce électorale" au Tchad. "Que la France arrête de soutenir ce trucage électoral !", a déclaré à l'AFP Thierry Dinguémadji, un des responsables étudiants, en affirmant que leur marche avait pourtant été autorisée par la mairie.
**Alwihda 7/6:- Dans un communiqué conjoint publié à Paris le 6 juin, l'opposition politico-militaire et politique (CMAP/CPAL/COPAC) a condamné avec fermeté la fraude électorale perpetrée par Idriss Déby pour garder le pouvoir (...)
**Alwihda/AFP7/6:- Les opposants tchadiens précisent leurs griefs devant le Conseil constitutionnel
Les six candidats malheureux à la présidentielle tchadienne du 20 mai ont annoncé mercredi soir à N'Djamena qu'ils allaient déposer jeudi des "informations complémentaires" au Conseil contitutionnel, qu'ils ont saisi le 1er juin pour faire annuler l'ensemble du scrutin.
Ces notes précisent leurs griefs au vu des résultats provisoires détaillés que leur a communiqués samedi la Commission électorale nationale indépendante (CENI), soit au lendemain du délai légal qui leur était imparti pour saisir le Conseil constitutionnel, ont-ils souligné lors d'une conférence de presse.
Les adversaires du président sortant Idriss Deby, crédité par la CENI d'une large victoire au premier tour avec 67,35% des suffrages exprimés, ont à nouveau dénoncé la "fraude massive" qui a selon eux entaché ce scrutin.
Les documents de la CENI font apparaître un total de 5.560.497 votants alors que 4.596.466 électeurs avaient été recensés avant l'élection, soit un "gonflement" d'environ un million de voix malgré les abstentions, ont-ils notamment souligné.
Les opposants de M. Deby ont par ailleurs affirmé qu'ils n'avaient pas jusqu'à présent publié leur propres résultats car leurs délégués avaient été chassés de nombreux bureaux de vote par les gendarmes et les sous-préfets.
"Nous ne disposons que de 30 à 40% des fiches de résultats" normalement remises aux délégués des partis à la fermeture des bureaux de vote, a indiqué Saleh Kebzabo, le président de l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR).
Ibni Oumar Mahamat Saleh, le président du Parti pour les libertés et le développement (PLD), a précisé de son côté qu'il n'avait pu récupérer que sept fiches de résultats sur les 200 bureaux de vote de son fief électoral du Biltine (est). "Ces sept fiches me donnent 1571 voix alors que les résultats de la CENI pour l'ensemble du Biltine me créditent de seulement 690 voix", a-t-il dénoncé.
Les documents détaillés de la CENI font également apparaître que les scores de certains bureaux ont été comptabilisés à plusieurs reprises, jusqu'à 12 fois, a indiqué M. Kebzabo à l'AFP.
Les opposants de M. Deby ont par ailleurs indiqué que le ministère tchadien de l'Intérieur s'était opposé mercredi "pour des raisons d'opportunité, et dans l'attente de la proclamation définitive des résultats", à un meeting qu'ils comptaient tenir vendredi au stade de N'Djamena.
Le Conseil constitutionnel tchadien a jusqu'au 18 juin pour proclamer les résultats définitifs du scrutin.
**Alwihda/Le Monde 5/6:- Idriss Déby : "Il me reste à préparer le Tchad à l'alternance"
"Votre réélection le 20 mai - avec 67,35 % des voix face à six candidats de l'opposition - a suscité un concert de protestations contre des "irrégularités". Ne vous sentez-vous pas en mal de légitimité ?
Je ne suis aucunement gêné. Depuis la démocratisation de l'Afrique, à partir de 1990, il n'y a pas eu d'élection nulle part ! dont la régularité n'ait pas été contestée. L'appétit des opposants pour arriver au pouvoir est grand, et ils sont impatients. En désespoir de cause, ils mettent en question la validité du scrutin qu'ils ont perdu. Or, au Tchad, ils ont bel et bien perdu, et pour des raisons que l'on peut aisément expliquer : j'ai noué autour de moi une alliance de vingt-huit partis, dont chacun dans son fief a fait campagne pour moi. Cette stratégie a réussi. J'ai fait le plein des voix dans le Nord, mais j'ai aussi été présent, partout, dans le Sud. Donc, pour le dire très clairement : je n'ai aucun problème de conscience avec ma réélection au premier tour.
Mais le "désespoir" de l'opposition ne va-t-il pas gonfler les rangs de la rébellion armée dans le Tibesti, qui vous combat depuis deux ans et demi ?
Depuis ses débuts, qu'a obtenu la rébellion comme renfort venu de l'intérieur ? Rien. Et pour cause : au Tchad, nous avons connu des affrontements armés de 1963 à 1990. Nous en avons assez. On en a tiré la leçon. Tous ceux qui prennent les armes me trouveront en face d'eux, et le peuple tchadien à mes côtés. A maintes reprises, je leur ai tendu la main de la réconciliation. Ils ont refusé, ils en assument l'entière responsabilité.
Les Zaghawas votre ethnie sont les seuls à se battre. Serez-vous capable de faire ce que vous n'avez pas réussi à faire en onze ans au pouvoir, à savoir former une armée nationale ?
D'abord, tous les fils du Tchad se battent dans le Tibesti. Prétendre le contraire, c'est leur faire offense. Sur le front, il n'y a pas tel ou tel groupe, il y a des Tchadiens qui défendent les institutions de la République, au prix de leur sang. Ensuite, il y a bien eu une "non-armée nationale", de l'indépendance jusqu'en 1990. Mais, aujourd'hui, je peux parler d'une armée nationale au sein de laquelle toutes les composantes du pays sont représentées.
Sauf qu'on gagne dix fois plus dans la garde présidentielle, qu'on a dix fois plus de chances de devenir colonel, sinon général, en étant zaghawa...
C'est faux et c'est dangereux ce que vous dites ! Ma sécurité rapprochée 1 200 hommes ne dépend en rien de moi. Je ne peux pas leur offrir une arme, un véhicule, pas même un grain de plus qu'aux autres. Ils sont rattachés au ministère de la défense, comme les autres soldats. Tout le monde est logé à la même enseigne. Allez demander à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international ! Cela étant, j'ai une tâche à accomplir : au terme de mon dernier mandat, je dois laisser à mon successeur, qui sera élu en 2006, une armée en bon ordre, loyale.
Allez-vous quitter le pouvoir en 2006, même si vous disposez de la majorité des deux tiers au Parlement pour réécrire la Constitution qui limite à deux le nombre des mandats ?
Je prends cet engagement, publiquement : je ne serai pas candidat à l'élection présidentielle en 2006. Je ne modifierai pas la Constitution quand bien même j'aurais une majorité de 100 % ! Je le dis haut et fort : ce qui me reste à faire au cours de mon dernier mandat, c'est de préparer le Tchad à l'alternance au pouvoir, une alternance démocratique, pacifique, sans rupture. Je veux que ce pays passe d'une étape à une autre, en douceur, sans déchirure. Voilà la responsabilité qui sera la mienne. Je l'assumerai quoi qu'il arrive.
En février, lors du procès à Paris autour du livre Noir silence de François-Xavier Verschave (Ed. des Arènes, 2001), vous avez été qualifié d'"assassin invétéré"...
Je ne le cache pas : la lecture de ce livre dont l'auteur n'est jamais venu au Tchad et n'a jamais pris la peine de me contacter a été pour moi une offense personnelle. On y affirme, par exemple, que j'ai assassiné quelqu'un dès l'âge de seize ans. A l'époque, j'étais à l'école à Faya-Largeau. Comment s'appelle ma victime ? Où est sa famille endeuillée, qui devrait m'accuser ? L'auteur se contente de colporter les racontars de l'un de mes opposants, Ngarlejy Yorongar. La justice française a tranché en première instance d'une façon qui ne m'a pas permis de réparer l'injure. J'ai donc fait appel. J'attends que justice me soit faite.
Vous êtes également mis en cause, par un homme qui a été votre conseiller, Hassan Fadoul, dans une affaire de fausse monnaie, des dinars du Bahreïn d'une valeur de 2 milliards de francs.
Dans cette affaire, je n'ai rien à me reprocher. C'est vrai que j'ai gardé auprès de moi Hassan Fadoul. J'ai longtemps hésité mais, aujourd'hui, je vais révéler pourquoi : douze fils de la grande famille Fadoul ont été éliminés par Hissène Habré (l'ex-président renversé en décembre 1990 par Idriss Déby, NDLR) à la fin de son règne, quand j'étais entré en rébellion. Des femmes et des enfants, une cinquantaine de personnes au total, sont restés sans mari ou père. Hassan Fadoul était l'aîné des survivants. Je l'ai donc nommé ministre, directeur de mon cabinet civil, PDG d'Air Tchad, conseiller à la présidence et, enfin, préfet du Ouaddaï. Mais ce monsieur n'a jamais pensé qu'à la meilleure manière de gagner de l'argent de façon malhonnête. Quand je l'ai découvert, j'ai fait venir une délégation officielle du Bahreïn, qui a entendu Fadoul, d'ailleurs en présence d'un magistrat français. De cette confession, il existe un enregistrement que nous avons gardé. J'ai décidé de le rendre public, pour me laver du soupçon.
Propos recueillis par Stephen Smith
**Alwihda/AFP 3/5:- Plusieurs mouvements rebelles dénoncent le déroulement de la présidentielle
Plusieurs mouvements rebelles tchadiens ont vivement dénoncé la réélection du président Idriss Deby, qu'ils estiment frauduleuse, et l'arrestation des six candidats malheureux au scrutin du 20 mai, selon des communiqués de ces organisations transmis jeudi à Libreville.
La Coordination des mouvements armés et partis politiques de l'opposition (CMAP), qui dénonce "l'imposture électorale" du 20 mai dernier, "rejette sans réserve les résultats de cette consultation électorale", où le président sortant a recueilli 67,35% des suffrages exprimés.
"C'est l'actuel député de l'opposition, Ngarléjy Yorongar, qui a recueilli la majorité des suffrages exprimés et qui devient de ce fait l'unique président légitime du Tchad", affirme la CMAP qui cite des "sources dignes de foi".
La coordination rappelle également que ces "pseudo-consultations" contiennent "en germes toutes les tensions risquant d'opposer entre elles les diverses communautés nationales".
"Aux décideurs de cette imposture (...), nous leur laissons la responsabilité de l'arrestation des six challengers et les suites dramatiques que nous craignons à plus ou moins brève échéance", conclut le communiqué de la CMAP signé par son président, Antoine Bangui.
Fondée en décembre 1999, la CMAP regroupe treize mouvements et partis politiques de l'opposition tchadienne et comprend parmi ses membres, l'ancien président Goukouni Weddeye (1981-82).
Deux autres mouvements rebelles, le Front national du Tchad rénovéet l'Alliance nationale de résistance (ANR), condamnent également "avec fermeté" l'arrestation des six candidats malheureux.
Les adversaires d'Idriss Deby, qui avaient été interpellés mercredi matin pour la seconde fois en 48 heures, ont toutefois été libérés dans la soirée.
"Le Mouvement patriotique du salut (MPS, parti présidentiel) vient de prouver à l'opinion internationale à quel point il est décidé à s'accrocher à tout prix au pouvoir", estiment les deux formations.
"Le temps est venu pour que les forces vives se mobilisent pour contraindre Deby à quitter le pouvoir, seule issue pour que ce pays recouvre la paix", affirment le FNTR et l'ANT.
Le FNTR, qui revendique quelque 400 combattants, affirme organiser régulièrement des embuscades contre les forces du président Deby.
L'ANR, formée en novembre 1995 par cinq mouvements politico-militaires hostiles au régime du président Idriss Deby, ne regroupe plus quant à elle que les partisans de l'Armée nationale tchadienne/dissidente (ANT/D).
Comme la CMAP, ces deux mouvements sont considérés comme mineurs par les observateurs. Ils sont en tout état de cause beaucoup moins actifs sur le plan militaire que le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), la rébellion nordiste du Tibesti.
**Alwihda/AFP/ - 2/6/2001 - LES SIX CANDIDATS DEPOSENT DES RECOURS
Le Conseil constitutionnel a commencé à examiner samedi les différents recours déposés la veille avant minuit par les sept candidats à l'élection présidentielle tchadienne du 20 mai, a-t-on appris auprès de cet organe supérieur. Cette élection a été remportée, dès le premier tour, par le président sortant Idriss Déby avec 67,35% des voix, selon les résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les six candidats de l'opposition ont déposé vendredi en fin d'après-midi un recours collectif demandant "l'annulation totale du scrutin du 20 mai", a-t-on précisé auprès du Conseil constitutionnel. "Le renvoi des délégués de l'opposition dans les bureaux de vote, le vote massif des mineurs, les votes par procuration non légalisées et les votes dans les casernes militaires", figurent entre autres griefs consignés par les candidats dans leur requête. Le président de la Fédération action pour la République (FAR) Ngardjely Yorongar, signataire de ce recours collectif, a déposé individuellement un autre recours portant sur la plupart des circonscriptions du Nord où "les délégués de son parti ont été chassés", a par ailleurs indiqué son directeur de campagne. Le Mouvement patriotique du salut (MPS) d'Idriss Deby a également déposé un recours auprès du conseil constitutionnel portant sur certaines circonscriptions électorales du sud du pays où M. Yorongar est arrivé en tête du scrutin. Le Conseil constitutionnel à jusqu'au 15 juin pour examiner toutes les requêtes déposées par les candidats à l'élection présidentielle, les résultats définitifs devant être proclamés le 18 juin. A l'heure ou toutes les sensibilités politiques sont mobilisées, et les pressions extérieures ne cessent de s'augmenter, la cour constitutionnelle a intérêt à peser tous les contours avant de trancher ce problème. Aura t-elle les mains libres pour agir? waid and see
**Alwihda/AFP - 1er/6/2001 - Le PS dénonce "le coup de force électoral" au Tchad
Le Parti socialiste français (PS), premier parti de la coalition de gauche au pouvoir, a dénoncé jeudi "le coup de force électoral" au Tchad et les "atteintes aux droits démocratiques les plus élémentaires, qui ne peuvent que rejaillir sur les bonnes relations entre la France et le Tchad". Dans un communiqué, le PS a estimé que "lors de l'élection présidentielle du 20 mai, les autorités tchadiennes ont délibérément violé les lois du pays pour mener à bien un coup de force électoral dans le but de maintenir le président sortant Idriss Deby à la tête de l'Etat". Le PS a exprimé "sa sympathie et sa solidarité aux forces politiques du Tchad qui ont choisi une voie pacifique de conquête du pouvoir et sont attachées au respect de la loi électorale".
Notons que le parti socialiste français a été très mal vu par les autorités tchadiennes ces dernier moment. Surtout après le dernier passage du Gui Laberty qui entretient de très bonnes relations avec Ibni Oumar Mahamat Saleh(seul candidat nordiste de cette élection) et fait de ce dernier son heureux élu parmi les hommes politiques tchadiens. Considéré par certains comme parti satellite du MPS (parti au pouvoir), le parti de Ibni Mht Saleh aurait reçu 70.000.000 de Fcfa en guise d'aide du parti socialiste français dans le but de se présenter aux élections.
** LES OBSEQUES DE BRAHIM SELGUET "MARTYR" DE LA DEMOCRATIE
Les obsèques de Brahim Selgué, jeune militant de l'opposition tchadienne tué lundi par les forces de l'ordre, ont commencé jeudi(31/501) en début d'après-midi au domicile de ses parents. Les six candidats à la présidentielle du 20 mai, libérés la veille au soir, sont venus se recueillir auprès de la dépouille mortelle.
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